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PRÉFACE.
ténèbres do la mort, paroles qui métamorphosent en géantsles nains et à l’aide desquelles on écrase les géants, parolesqui peuvent abattre votre puissance d’un seul coup, commela hache abat une tête de roi.
Je veux vous avouer la vérité. Il y a des gens qui ontassez de hardiesse pour prononcer ces paroles et qui n’au-raient pas tremblé devant les apparitions les plus effrayantes ;mais ils ne savaient à quelle page du fameux grimoire trouverla formule nécessaire, et d’ailleurs ils n’auraient pu la pro-noncer avec leurs lèvres épaisses ; ils ne sont pas sorciers.D’autres qui, familiers avec l’art mystérieux de la baguettedivinatoire, auraient su trouver le véritable mot et pou-vaient le prononcer d’une langue exercée, se sont trouvéstimides de cœur. Ils ont ou peur des esprits qu’ils avaient àévoquer ; car, hélas ! nous ne savons pas les paroles aveclesquelles on domine de nouveau les esprits quand le sabbatrègne dans son extravagance ; nous ne savons pas, quandles manches à balai sont une fois animés, les faire rentrerdans leur sèche immobilité de bois, une fois qu’ils inondentla maison de trop d’eau rouge; nous ne savons pas commenton conjure de nouveau le feu quand il s’entrelace avec ragepar les lambris : nous avons eu peur.
Ne vous reposez pas cependant sur notre impuissance etsur notre pour. L’homme voilé du siècle, celui-là dont lecœur est aussi hardi que la langue habile, qui sait le grandmot d'évocation et le peut aussi prononcer, celui-là estpeut-être près de vous, peut-être déguisé sous une livrée devalet ou sous un costume d’arlequin, et vous ne soupçonnezpas que celui-là même causera votre perle, qui vous retirehumblement les bottes ou dont la crecclle provoque votrerire. Ne frissonnez-vous pas quelquefbis quand ces figuresserviles frétillent autour de vous avec une bassesse presqueironique, et qu’il vous vient tout d’un coup à l’esprit quec’est peut-être une ruse; que ce malheureux qui se démène