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PRÉFACE.
aujourd’hui a eu l’art de rendre également infidèles et par-jures les autres princes allemands qui s’étaient crus obligésde donner à leurs sujets une constitution libre, et il s’appuiemaintenant sur l’acte fédéral de Vienne pour anéantir les con-stitutions allemandes à peine épanouies, lui, qui ne devraitpoint sans rougir entendre prononcer le mot constitution.
Je parle de Sa Majesté Frédéric-Guillaume, troisième dunom, roi de Prusse.
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Monarchiste comme je 1 a! toujours été, comme je le suistoujours, il répugne à mes principes et à mes sentiments defaire porter un blâme trop acerbe sur la personne desprinces eux-mêmes. C’est peut-être une suite de mes incli-nations quand je les loue pour leurs bonnes qualités. Je louodonc avec plaisir les vertus personnelles du monarque dontj’ai qualifié avec tant de franchise le système de gouverne-ment, ou plutôt le cabinet. Je constate avec plaisir que Fré-déric-Guillaume 111 mérite, comme homme, la haute véné-ration et l’amour dont la plus grande partie du peupleprussien lui paie si largement le tribut. 11 est bon et brave;il s’est montré constant dans le malheur, et ce qui est plusrare, doux dans la prospérité; il est de cœur chaste, d’unemodestie touchante, d’une simplicité bourgeoise, de mœursbonnes et sédentaires, très-bon père, surtout très-tendrepour la belle czarine, tendresse à laquelle nous sommespeut-être heureusement redevables du choléra et d’un autremal plus grand encore avec lequel nos descendants serontaux prises. Déplus, le roi de Prusse est un homme fort reli-gieux ; il est fort attaché au culte ; c’est un bon chrétien,ferme dans la foi évangélique ; il a composé lui-même une
liturgie ; il croit au symbole.Ah ! je voudrais qu'il crût à
Jupiter, le père des dieux, qui punit le parjure, et qu’il nousdonnât enfin la constitution promise !
Ou bien est-ce que la parole d’un roi ne serait pas aussisacrée qu’un serment?