Druckschrift 
De la France
Entstehung
Seite
16
Einzelbild herunterladen
 

46

PRÉFACE.

aujourdhui a eu lart de rendre également infidèles et par-jures les autres princes allemands qui sétaient crus obligésde donner à leurs sujets une constitution libre, et il sappuiemaintenant sur lacte fédéral de Vienne pour anéantir les con-stitutions allemandes à peine épanouies, lui, qui ne devraitpoint sans rougir entendre prononcer le mot constitution.

Je parle de Sa Majesté Frédéric-Guillaume, troisième dunom, roi de Prusse.

s '

Monarchiste comme je 1 a! toujours été, comme je le suistoujours, il répugne à mes principes et à mes sentiments defaire porter un blâme trop acerbe sur la personne desprinces eux-mêmes. Cest peut-être une suite de mes incli-nations quand je les loue pour leurs bonnes qualités. Je louodonc avec plaisir les vertus personnelles du monarque dontjai qualifié avec tant de franchise le système de gouverne-ment, ou plutôt le cabinet. Je constate avec plaisir que Fré-déric-Guillaume 111 mérite, comme homme, la haute véné-ration et lamour dont la plus grande partie du peupleprussien lui paie si largement le tribut. 11 est bon et brave;il sest montré constant dans le malheur, et ce qui est plusrare, doux dans la prospérité; il est de cœur chaste, dunemodestie touchante, dune simplicité bourgeoise, de mœursbonnes et sédentaires, très-bon père, surtout très-tendrepour la belle czarine, tendresse à laquelle nous sommespeut-être heureusement redevables du choléra et dun autremal plus grand encore avec lequel nos descendants serontaux prises. Déplus, le roi de Prusse est un homme fort reli-gieux ; il est fort attaché au culte ; cest un bon chrétien,ferme dans la foi évangélique ; il a composé lui-même une

liturgie ; il croit au symbole.Ah ! je voudrais qu'il crût à

Jupiter, le père des dieux, qui punit le parjure, et quil nousdonnât enfin la constitution promise !

Ou bien est-ce que la parole dun roi ne serait pas aussisacrée quun serment?