PRÉFACE.
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les menottes, enfin tout ce travail si ingénieusement finiest à jour, chacun peut voir aujourd’hui que le peupleallemand, lorsqu’il a sacrifié en 1813 et 1814 ses biens etson sang pour ses princes et qu’il devait recevoir la récom-pense promise de la gratitude, a été trompé de la manièrela plus impie, qu’on a joué avec nous un criminel jeu d’es-camotage , et qu’au lieu do rédiger la grande charte de laliberté, on ne nous a expédié qu’un contrat d’esclavage.
En vertu de ma compétence académique, comme docteuren droit, je déclare solennellement qu’un tel acte, rédigé pardes mandataires infidèles, est nul et de nulle valeur ; de mondevoir, comme citoyen, je proteste contre toutes les consé-quences que les résolutions de la dicte du 28 juin ont tiréesde ce document sans valeur; de la plénitude de mes pouvoirs,comme publiciste populaire, je m’élève contre les rédac-teurs de cet acte, et je les accuse d’abus de la confiance dupeuple; je les accuse du crime de lèse-nation ; je lés accusedo haute trahison envers le peuple allemand ; je les accuse !
Pauvre peuple ! pauvres Allemands ! pendant que vous dé-posiez vos armes au retour des combats livrés pour vosprinces, que vous enterriez vos frères tombés dans ces com-bats , que vous pansiez mutuellement vos fidèles blessureset que vous voyiez en souriant couler encore le sang devotre cœur aimant, si plein de joie et de confiance: do joie,à la vue de vos princes sauvés; de confiance, dans les sen-timents les plus sacrés de la reconnaissance humaine : c’estalors que là-bas, à Vienne, dans les vieux antres de l’aris-tocratie, on forgeait l’acte fédéral !
Chose étrange! Le prince même qui devait le plus doreconnaissance à son peuple, qui, dans ces temps de durenécessité, avait promis pour cette raison à ce peuple unoconstitution représentative, une constitution populaire,comme d’autres peuples libres en possèdent, promis noirsur blanc, dans les termes les plus exprès, ce môme prince