14 PRÉFACE.
veux pas nommer, ont dû faire de môme, et ce sont pour-tant des libéraux.
Oh ! je les connais, ces jésuites du Nord ! Quiconque, parbesoin ou par légèreté, a une fois accepté d’eux la moindrechose, est perdu pour toujours. De même que l’enfern’abandonne plus Proserpine depuis qu’elle y a mangé unpépin de grenade, ainsi ces jésuites détiennent à tout jamaisl’homme qui a reçu d’eux la plus chétive bagatelle, neserait-ce qu’un pépin de la grenade d’or, ou pour parlerprosaïquement, un simple louis; à peine lui permettent-ils,comme l’enfer à Proserpine, de remonter, l’espace d’unedemi-année, sous le soleil de la terre ; pondant cette période,ces gens nous apparaissent comme des hommes de lumière,et prennent place parmi nous autres olympiens, et ils par-lent et ils écrivent tout d’ambroisie libérale ; cependant, autemps prescrit, on les retrouve dans les ténèbres infernales,dans l’empire de l’obscurantisme, et ils écrivent des apolûrgies prussiennes, des déclarations contre les journaux fran-çais, des projets de lois de censure, ou mieux encore, unejustification des résolutions de la dièle.
Ces résolutions, je veux dire celles de la diète, je ne puism’abstenir d’en parler : ce n’est ni pour en réfuter les dé-fenseurs, et moins encore pour en démontrer, comme onl’a fait tant de fois, l’illégalité. Comme je sais très-bien parquelles gens a été fabriqué le document sur lequel s’appuientces résolutions, je ne doute pas que cet acte, l’acte fédéralde Vienne, ne contienne les dispositions les plus légales augré du premier caprice despotique venu. On a fait jusqu’àprésent peu d’usage de ce chef-d’œuvre de la noble gentil-hommorie, et le contenu en importait fort peu au peuple.Niais aujourd’hui qu’on l’a mis en son jour, ce chef-d’œuvre,que les beautés particulières à ce travail, les ressorts se-crets, les anneaux cachés auxquels peuvent être rivéestoutes les chaînes, les fers pour les pieds, les colliers garnis,