191
Quant aux célibataires , leur exclulion eftune conféquence de mon fyftême, ôc je nela défavoue pas; non pas que j’approuve engénéral les loix qui ont été faites chez lesdifférens peuples contre le célibat; elles onttoujours manqué leur but: car, qu’importequ’on faffe des loix de cette efpece, tant quele luxe ou les mauvaifes moeurs rendrontle mariage impoflible ; faites des loix quifaffent aimer la vertu , qui attachent auxmoeurs fimples & domeftiques , & vous verrezque vous ferez difparoître le célibat. Mais,fans vouloir qu’on porte de loi au fujet ducélibat, je penfe que la loi ne doit pas fedéfendre d’honorer plus particuliérement lemariage. L’homme , dans l’état de famille,outre qu’il a plus de droit à toute efpeced’honneur, a peut-être befoin, plus que le cé-libataire , d’un peu plus de confidération pu-blique. Il en devient en quelque forte , plusrecommandabe à fa femme, plus cher, plusrefpeâable pour fes enfans. La fociété ne peutdonc s’empêcher d’attacher une importanceparticulière à l’état de famille , puifqu’ellen’eft elle-même qu’une grande fédération deftmnlcs. E! e ne doit donc reconnoître commey- mores attifs de cette fédération, que des