pêche pas que j’y tienne encore de toute laforce de ma conviéiion. J’avois regardé l’étatde famille comme la bafe de toute affociation.C’eft pour la confervation de l’état de familleque la fociété me paroiffoit s’être inftituée ,parce que c’eft fur - tout dans cet état en-touré d’êtres foibles & fi chers à fon cœur,que l’homme a dû reflentir davantage le be-foin d’une proteâion commune. Ainfi s’eflformée entre le chef de famille & la fociété,cette union intime & réciproque qui feuledoit former, fuivant moi, la qualité de ci-toyen , & le droit de cité.
En effet, non-feulement les familles fontles élémens primaires de toutes fociétés; maisencore il eft évident qu’elles compofent dansle corps politique autant d’unités particulières,dont le chef doit compofer, pour ainfi dire,tout le mouvement ; de maniéré qu’une feulevolonté , une feule âme, une feule tendanceparoiffs animer & anime en effet l’organifa-tion domeftique ; d’où il réfulte que fi c’efl laréunion des volontés qui, d’une maniéré mé-diate ou immédiate, doit former la loi, la loine peut &c ne doit fe former elle-même que parla réunion des familles , c’eft-à-dire, de leurschefs qui font de droit les dépofitaires de la