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ration d’un vafte empire ne doivent pas êtrecomme des hommes ordinaires frappés feule-ment des conlidérations paflageres du moment,leur providence doit embraffer tous les évé-nemens &c tous les tems. Or, dans cette im-menfité d’âges qui fe fuccedent , telles font lesrévolutions de la fortune qu’elle femble couvrirde fe s vifficitudes jufqu’à la furface du fol quenous habitons. De grandes villes s’élèvent tout-à-coup au milieu des déferts,tandis que d’autresdeviennent des déferts elles-mêmes. Des paysaujourd’hui incultes & frérilesvont fe couvrirde forêts, des marécages fe changer en prairies,des plages arides fe féconder par le commerceou par les arts. Voilà ce que doivent envifa-ger des législateurs appellés à créer une confli-tution durable comme le monde.
Enfin il eft facile de prouver que ni la po-pulation , ni la contribution , ni le territoirefeuls, ne peuvent former une bonne bafe derepréfentation. Si c’eft le territoire, il en ré-fultera'des inégalités trop faillantes ; fi c’estla contribution feule, l’influence fera toutepour la richeffe ; fi c’efl: la population feule ,les claflês vouées malheureufement à l’indi-gence , auront une aâion trop forte ; & quelufage en feroient des hommes accoutumés à