qu’elle eut contenu les anciens habitans desGaules dans leurs forêts ; croit-on que les Ro-mains , les Grecs , les Germains, tous ces peu-ples fiers et libres ne connoissoient pasaussi-bienque nous les- droits et la dignité de l’homme,parce qu’ils avoient chez eux des esclaves , etqu’ils en alloient faire chez les nations étran-gères. L’assemblée nationale elle-même vou-droit-elle avouer qu’elle a méconnu ou mé-prisé les droits de l’homme , quand elle a con-sacré l’esclavage d’une partie des habitans du,Nouveau-Monde ; ne dîroit-slle pas plutôt quedes circonstances impérieuses ont commandéà tous ses. sentimens, et qu’elle a été forcéede subir le joug de la nécessité ; si elle avoitbien réfléchi de même aux principes de tousles grands mouvemens qui ont agité cette mal-heureuse terre , elle n’auroit pas prononcéaussi légèrement que l’oubli , le mépris oul’ignorance, de quelques adages politiques ,étoient les seules causes des malheurs publics etde la corruption des gouvernemens. Aggrandieet énoncée d’une autre maniéré , cette idéeprésenteroiî peut-être une grande vérité; réduiteainsi, elle manque d’étendue et de justesse.
Voyons donc ce qu’il importe fi fort desavoir pour se préserver de la corruption et