2.8
première révolution douce que la nature &Cla raifon commandoient, Celle-là c’eft le roià qui nous la devons. Elle a été 1 pure & fanstache comme fon cœur. La fécondé préparéedans le filence & dans les ténèbres , n’a ja-mais ofé fe montrer qu’enveloppée d’un voilehypocrite. Il fembloit qu’on redoutoit l’hon-neur & la loyauté des Français ; jamais onn*eût ofé l’expofer à leurs regards, jamais ilsn’auroient fupporté eux - mêmes le fpeétaclede tant de douleurs & de facrifices , jamais ilsn’auroient fouffert que fous le régné de laliberté , on por;ât des coups fur lefquels ledefpotifme lui-même n’auroit voulu fe per-mettre une penfée ; mais on a fait envers cepeuple fimple & crédule, comme envers cefexe foible qu’un art infidieux mene peu-à-peu au défordre & au crime. Ce n’eft qu’àforce de le circonvenir d’images licencieufesou de promeftes chimériques , ce n’eft qu’àforce de l’attaquer dans fes mœurs, dans fesopinions , dans fes habitudes , qu’on eft par-venu à difloudre toutes fes attaches, & à leporter par degrés à tous les genres de folie Scd’excès*
Telle eft la nouvelle révolution qui s’eflfeite ; & c’eft dans le cahos de cette révolution *