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droit féodal par celle du droit romain, celledu droit romain par celle du droit fran-çais, c’eft-à-dire, par le recueil de nos or-donnances royaux.
Et voilà en quoi confiftoit , en grande par-tie , le vice de notre gouvernement ; c’étoitl’infixité de toutes les chofes établies , c’étoitleur dépendance d’une volonté qui en fe pro-nonçant fortement d’un moment à l’autre, pou-voit les anéantir ; qu’on ne dife pas que cettevolonté trouvoit toujours une grande refiftan-ce : cela eft vrai dans certaines circonftances;mais dans d’autres aufii, tout étoit forcé deplier, & puis n’arrivoit-il pas le plus fouventque ces grandes corporations elles-mêmes , aulieu d’être les organes de la volonté géné-rale , ne l’étoient que de leurs pafiions par-ticulières ; comment appeller alors le peupleà juger un fi terrible différent ; les nouvellesadminiftrations pouvoient - elles être d’unegrande reffource , répandues & divifées furtoutes les parties du fol français ? Elles ne pou-voient fûrement pas être très-propres à émettreun vœu général. Il falloit donc de toute ma-niéré un nouvel ordre de chofes , & certaine-ment jamais les circonftances n’avoient été plusfavorables.