fî
donner du moins à l’obéiffance un air d’ai-fance & de liberté; mais en confentant ainfià fe laiffer maîtrifer par des formes ariftocra-tiques , telles qu’elles exifîoient, il faut conve-nir que nos rois s’étoient mis peu à peu enpolkffion de croire qu’ils avoient le droit deles détruire ou de les changer à leurs volon-tés. Toute notre hifloire eft pleine de cesvariations amenées, je crois, en grande partiepar les événemens, mais dans lefquelles leurpolitique me paroît bien aufii avoir été unpeu complice des événemens.
Ils commencèrent d’abord à fe débarrafferde la puiffance de leurs compagnons d’armes,en admettant les évêques a leur confeil,en les faifant entrer dans les délibérations na-tionales ; ils fe débarralîerent enfuite de l’auto-rité des évêques par celle des poffeffeurs defief. Puis ils trouvèrent le moyen de fe déli-vrer encore de celle-ci par les privilèges qu’ilsaccordèrent aux communes ; enfin ils vinrentencore à bout de fe défaire de ces dernierespar l’extenfion de pouvoir qu’ils accordèrentà la magiftrature. Ainfi l’on vit fucceflîvementla faveur du droit militaire remplacée par celledu droit eccléfiaftique, celle du droit ecclé-fiaftique par celle du droit féodal, celle du