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ont occupé les plus grandes dominations dela terre ; ils furent prefque toujours les efclavesde quelques fatellites , de quelques miférablesaffranchis , fouvent d’individus plus méprifa-bles encore , leurs eunuques.
En France nos fouverains ne furent jamaisvéritablement heureux & puiffans , que lorf-qu’il fçnrent mettre leur propre puiffance fousla garde de la nation & de fes loix. C’efldans cet efprit que furent créés les différensréglemens par lefquels ceux d’entr’eux quieurent un peu de fageffe, cherchèrent toujoursà fe retenir fur la pente du defpotifme ; &ce n’eft pas feulement parmi les rois de la pre-mière & de la fécondé race , qu’on trouve degrands exemples à cet égard, mais principale-ment parmi ceux de la troifieme : chofe bienremarquable fans doute, lorfque la puiffanceroyale eut commencé à s’aggrandir par l’affoi-bliffement du fyflême féodal , que de voirtous ces princes Capétiens, embarraffés de leurpropre autorité, être pour ainfi dire forcés defaire un commandement de la défobéiffance.Philippe le Bel, Philippe de Valois , Philippe-le-Long , Charles V , Charles VI, CharlesVII , Louis XII , rendirent des ordonnancescontre leurs propres ordonnances. Charles