de leur côté , avoient fenti la néceftité demettre des barrières à leur propre puiflance ,ou pour mieux dire , ils avoient vu, que pourêtre véritablement puiffans , ils avoient befoindu concours de tous ces corps émi'nens, dontles lumières & la prépondérance dévoient aiderà la confiance générale, & à l’obéiffance.
Et en effet, quel eft le prince, qui pourraitambitionner le poids d’une grande autorité.Il ne verrait pas que cette autorité dans fesmains,néceffairement flottante & indécife,feraittoujours à la difpofition du premier intrigantqui voudrait en diriger les coups. Il ne ver-rait pas qu’il n’eft prefque jamais que le mi-niftre de fes propres miniftres , que ce fonteux qui jugent, qui ordonnent , qui veulentpour lui, & qu’il ne tient qu’à eux de le re-tenir fans cefîe dans l’erreur en lui faifant pren-dre pour les mouvemens du grand tout, lesémotions faftices de la petite fphere danslaquelle ils l’ont circonfcrit. Le voilà avec fatoute-puiffance ; avec fa toute-puiffance il efi:hors d’état d’agir ; avec fa toute-puiffance ilrencontre des obftacles par-tout, même pourle bien ; car on aime à refifter au bien quivient de la puiffance. Qu’on jette fes regardsfur cette multitude de rois tous-puiffans qui