des provinces , & les prérogatives de la no-;bleffe & l’autorité des grands corps judiciai-res, c’efl-à-dire , toutes les anciennes barrièresdu defpotifme , on fe tromperoit beaucoup ;car il n’en réfulteroit autre chofe , fi ce n’efl:qu'on auroit donné naiffance à un nouveaudefpotifme plus terrible que le premier, def-potifme qui , en s’accroiflant fans celle detoutes les puiffances qu’on auroit anéanties ,s’éleveroit d’une maniéré monftrueufe. Lemonarque lui-même embarralfé d’une autoritéimmenfe que tout fe réuniroit à accumulerdans fes mains , n’auroit bientôt plus d’autrereffource que de la partager entre des Satrapes ;les peuples efclaves de fcs Satrapes , feroientréduits à envier l’honneur de l’être du roi, &nos rois déformais plus abfolus qu’ils ne vou-droient, feroient les premiers accablés de leurpuifïance.
Il femble au premier coup-d’oeil, que l’an-cien gouvernement français étoit un gouver-nement bien tyrannique , puifque le princeréuniffoit à la fois le pouvoir de faire lesloix par fes édits , de les faire exécuter parfes troupes, de les appliquer & de les inter-préter à fa volonté par des arrêts de caffa-lion j d’attribution ou d’évocation ; en un