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Notice sur les titres et travaux scientifiques
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de la gravité; aussi Yimpetus doit-il aller sans cesse en augmentant et lavitesse, au cours du mouvement, doit-elle croître constamment. Telle est, augré de Buridan, l'explication de l'accélération que l'on observe en la chuted'un grave, accélération que la science d'Aristote connaissait déjà, mais dontles commentateurs hellènes, arabes ou chrétiens du Stagirite avaient donnéd'inacceptables raisons.

Cette Dynamique exposée par Jean Buridan présente d'une manièrepurement qualitative, mais toujours exacte, les vérités que les notions deforce vive et de travail nous permettent de formuler en langage quantitatif.

Le philosophe de Béthune n'est pas seul à professer cette Dynamique ;ses disciples les plus brillants, les Albert de Saxe et les Nicole Oresme,l'adoptent et l'enseignent; les écrits français d'Oresme la font connaîtremême à ceux qui ne sont pas clercs (3g).

Lorsqu'aucun milieu résistant, lorsqu'aucune tendance naturelle ana-logue à la gravité ne s'oppose au mouvement, Yimpetus garde une intensitéinvariable ; le mobile auquel on a communiqué un mouvement de translationou de rotation continue indéfiniment à se mouvoir de la sorte avec unevitesse invariable. C'est sous cette forme que la loi d'inertie se présente àl'esprit de Buridan; c'est sous cette même forme qu'elle sera encore reçuede Galilée.

De cette loi d'inertie, Buridan tire un corollaire dont il nous faut main-tenant admirer la nouveauté (35).

Si les orbes célestes se meuvent éternellement avec une vitesse con-stante, c'est, selon l'axiome de la Dynamique d'Aristote, que chacun d'eux estsoumis à un moteur éternel et de puissance immuable; la philosophie duStagirite requiert qu'un tel moteur soit une intelligence séparée de lamatière. L'étude des intelligences motrices dès orbes célestes n'est pas seu-lement le couronnement de la Métaphysique péripatéticienne; elle est ladoctrine principale autour de laquelle tournent toutes les Métaphysiquesnéo-platoniciennes des Hellènes et des Arabes, et les Scolastiques du xin*siècle n'hésitent pas à recevoir, en leurs systèmes chrétiens, cet héritage desthéologies païennes.

Or voici que Buridan a l'audace d'écrire ces lignes :

« Dès la création du Monde, Dieu a les cieux de mouvements iden-tiques à ceux dont ils se meuvent actuellement; il leur a imprimé alors desimpetus par lesquels ils continuent à être mus uniformément; ces impetus,en effet, ne rencontrant aucune résistance qui leur soit contraire, ne sont