SECONDE PARTIE
EXAMEN LO&IQUE DE LA THÉORIE PHYSIQUE
On peut traiter la Physique théorique a la façon des Cartésiens et desAtomistes. Les corps que les sens et les instruments perçoivent, on lesrésout en corps immensément nombreux et beaucoup plus petits dont laraison éeule a connaissance ; les mouvements que l'on observe, on les regardecomme les effets résultants des mouvements imperceptibles de ces petitscorps; à ces corps, on assigne des formes peu nombreuses et bien définies;de leurs mouvements, on formule des lois très simples et entièrement géné-rales. Ces corps, ces mouvements sont, à vrai dire, les seuls corps réels,les seuls mouvements réels. Lorsqu'en ■ les réunissant d'une manièreconvenable, on les a reconnus capables de produire des effets d'ensemblepareils aux phénomènes que nous observons, on déclare que l'on a découvertl'explication de ces phénomènes.
Ce n'est pas ainsi que procède notre Energétique. Les principes qu'elleformule et dont elle développe les conséquences, ne prétendent aucunementrésoudre les corps que nous percevons, les mouvements que nous constatons,en corps imperceptibles et en mouvements cachés. Ils ne se posent aucune-ment en révélations sur la nature véritable de la matière. Ils ne prétendentrien expliquer. Simplement, ils se donnent pour règles générales dont leslois constatées par l'expérimentateur sont des cas particuliers.
On peut concevoir la Physique théorique a la façon des Newtoniens.On rejette toute hypothèse sur les corps imperceptibles et sur les mouve-ments cachés dont pourraient être composés les corps et les mouvementssaisissables aux sens et aux instruments. Les seuls principes que l'on admette,ce sont des lois très générales connues par induction à partir de l'observationdes faits.