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Notice sur les titres et travaux scientifiques
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Etienne Tempier, contre une foule de thèses que soutenaient « Aristote etceux de sa suite », voici qu'un grand mouvement se dessine, qui va libérerla pensée chrétienne du joug du Péripatétisme et du néo-Platonisme etproduire ce que l'archaïsme de la Renaissance appellera la Science des« Modernes ».

Guillaume d'Ockam (35) attaque, avec sa vivacité coutumière, la théoriedu mouvement des projectiles proposée par Aristote ; il se contente,d'ailleurs, de détruire sans rien édifier; mais ses critiques remettent enhonneur, auprès de certains disciples de Duns Scot, la doctrine de JeanPhilopon ; V énergie, la vertu motrice dont celui-ci avait parlé reparaît sousle nom d'impetus. Cette hypothèse de Vîmpetus, imprimé dans le projectilepar la main ou par la machine qui l'a lancé, un maître séculier de la Facultédes Arts de Paris, un physicien de génie, s'en empare (37) ; Jean Buridan laprend, vers le milieu du xiv" siècle, pour fondement d'une Dynamique aveclaquelle « s'accordent tous les phénomènes ».

Le rôle que Yimpetus joue, en cette Dynamique de Buridan, c'est trèsexactement celui que Galilée attribuera à Vimpeto ou momento, Descartes à laquantité de mouvement, Leibniz enfin à la force vive; si exacte est cettecorrespondance que pour exposer, en ses Leçons académiques, la Dyna-mique de Galilée, Torricelli reprendra souvent les raisonnements et presqueles paroles de Buridan.

Cet impetus, qui demeurerait sans changement, au sein du projectile,s'il n'était incessamment détruit par la résistance du milieu et par l'action dela pesanteur, contraire au mouvement, cet impetus, disons-nous, Buridan leprend, à vitesse égale, comme proportionnel à la quantité de matière pre-mière que le corps renferme; cette quantité, il la conçoit et la décrit en destermes presque identiques à ceux dont usera Newton pour définir la masse. Amasse égale, Yimpetus est d'autant plus grand que la vitesse est plus grande ;prudemment, Buridan s'abstient de préciser davantage la relation qui existeentre la grandeur de V impetus et celle de la vitesse ; plus osés, Galilée etDescartes admettront que cette relation se réduit à la proportionnalité; ilsobtiendront ainsi de Vimpeto, de la quantité de mouvement, une évaluationerronée que Leibniz devra rectifier.

Comme la résistance du milieu, la gravité atténue sans cesse, et finitpar anéantir Yimpetus d'un mobile que l'on a lancé vers le haut, parcequ'un tel mouvement est contraire à la tendance naturelle de cette gravité;mais dans un mobile qui tombe, le mouvement est conforme a la tendance