Druckschrift 
Notice sur les titres et travaux scientifiques
Entstehung
Seite
118
Einzelbild herunterladen
 

u8

mettra aux prises les plus grands géomètres et ne cédera qu'après unediscussion acharnée (19, t. II); mais, en attendant, idée féconde qui vadonner a la Statique des vérités nouvelles. Immédiatement, en effet, elle luifournit cette proposition : Un système pesant est en équilibre lorsque le centrede gravité en est aussi bas que possible. Cette proposition, ïorricelli et Pascalla prendront, un jour, pour fondement de toute la Statique, en attendantqu'elle donne naissance au théorème de Lagrange et de Lejeune-Dirichletsur la stabilité de l'équilibre.

Léonard de Vinci, infatigable liseur, feuillette et médite sans cesse, d'unepart, les écrits de l'Ecole de Jordanus, d'autre part, les questions scolastiquesd'Albert de Saxe. Ceux-, en lui faisant connaître la loi d'équilibre du leviercoudé, le conduisent à cette loi mémorable, qui régit la composition desforces concourantes : Par rapport à un point pris sur l'une des composantesou sur la résultante, les deux autres forces ont des moments égaux(282; 19, t. I; 3t). D'autre part, les idées d'Albert de Saxe sur le rôle ducentre de gravité lui font découvrir la règle du polygone de sustentation(19, t. II; 3i) que plagie Villalpand (26; 19, t. II). Ainsi trouvons-nous dansles écrits composés au xm° et au xiv" siècle, les origines de plusieurs principesessentiels de la Statique.

En sera-t-il de même de la Dynamique?

La Dynamique inaugurée par Galilée, par ses émules, par ses disciples,les Baliani, les ïorricelli, les Descartes, les Beeckmann, les Gassendi, n'estpas une création ; l'intelligence moderne ne l'a pas produite, de prime sautet de toutes pièces, dès que la lecture d'Archimède lui eut révélé l'art d'appli-quer la Géométrie aux effets naturels.

L'habileté mathématique acquise dans le commerce des géomètres del'Antiquité, Galilée et ses contemparains en ont usé pour préciser et déve-lopper une Science mécanique dont le Moyen-Age chrétien avait posé lesprincipes et formulé les propositions les plus essentielles. Cette Mécanique,les physiciens qui enseignaient, au xiv e siècle, à l'Université de Paris l'avaientconçue en prenant l'observation pour guide ; ils l'avaient substituée à laDynamique d'Aristote, convaincue d'impuissance à «sauver les phénomènes».Au temps de la Renaissance, l'archaïsme superstitieux se complaisaientégalement le bel-esprit des Humanistes et la routine averroïste d'une Scolas-tique rétrograde, repousse cette doctrine des «Modernes». La réaction futpuissante, particulièrement en Italie, contre la Dynamique des « Parisiens »,en faveur de l'inadmissible Dynamique du Stagirite (38). Mais, en. dépit de