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Notice sur les titres et travaux scientifiques
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qu'ils ont reçus de Byzance ou de la Science islamique, ne demeurent pasen leur esprit comme un dépôt stérile; ces reliques suffisent à éveiller leurattention, à féconder leur intelligence ; et dès le xm° siècle, peut-être mêmeavant ce temps, l'Ecole de Jordanus ouvre aux mécaniciens des voies quel'Antiquité n'avait pas connues.

Les intuitions de Jordanus de Nemore sont d'abord bien vagues etbien incertaines; de très graves erreurs s'y mêlent à de très grandes vérités;mais, bientôt, les disciples du grand inventeur épurent la pensée du maître;les erreurs s'effacent et disparaissent; les vérités se précisent et s'affer-missent, et plusieurs des lois les plus importantes de la Statique sont enfinétablies avec une entière certitude.

En particulier, nous devons à l'Ecole de Jordanus un principe dontl'importance se marquera, avec une netteté toujours croissante, au cours dudéveloppement de la Statique. Sans analogie avec les postulats, spéciauxau levier, dont se réclamaient les déductions d'Archimède, ce principe n'aqu'une affinité éloignée avec l'axiome inexact qu'invoquaient les Questionsmécaniques d'Aristote. Il affirme qu'une même puissance motrice peutélever des poids différents à des hauteurs différentes, pourvu que les hauteurssoient en raison inverse des poids. Appliqué par Jordanus au seul levierdroit, ce principe fait connaître à un de ses disciples la loi d'équilibre depoids retenus sur un plan incliné et, par un artifice géométrique admirable,la loi d'équilibre du levier coudé.

Ce qu'avait écrit ce mathématicien anonyme du xm" siècle, Descartesle reprendra presque sans changement ; et désormais, de Descartes à Wallis,de Wallis à Jean Bernoulli, de celui-ci à Lagrange, puis à Gibbs, le principedes déplacements virtuels ne cessera plus de s'étendre.

Vers l'an i36o, un maître es arts de l'Université de Paris, Albert deSaxe, écrivait :

« Chacune des parties d'un grave ne tend pas à ce que son centredevienne le centre du Monde, ce qui serait impossible; c'.est le tout quidescend de telle sorte que son centre devienne le centre du Monde, et toutesles parties tendent à ce but que le centre du tout devienne le centre duMonde; elles ne s'entravent donc pas l'une l'autre... » Ce centre, ce pointqui, en tout grave, tend à se placer au centre du Monde, c'est, Albert lerépète à plusieurs reprises, le centre de gravité.

Tout grave se meut donc comme si son centre de gravité cherchait lecentre du Monde; idée fausse qui, au xvii" siècle, engendrera bien des erreurs,