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postulats de la théorie physique ne se donnent pas pour affirmations decertaines réalités suprasensibles; ce sont des règles générales qui aurontexcellemment joué leur rôle si les conséquences particulières qui s'en dédui-sent s'accordent avec les phénomènes observés.
La méthode suivie, par l'Energétique n'est pas une innovation ; elle' sepeut réclamer de la tradition la plus ancienne, la plus continue et la plusnoble. Mais que dirons-nous des notions essentielles, des principes fonda-mentaux de cette science? Lorsqu'elle définit ces notions, lorsqu'elle poseces principes, la Logique ne réclame d'elle aucune justification; elle la laisselibre de poser ses fondements comme il lui plaît, pourvu que, parvenu aufaîte, l'édifice soit propre à loger sans gêne ni désordre les lois constatéespar l'expérimentateur. Est-ce à dire que l'Energétique va définir ces notionsau hasard et poser ces principes sans raison? Non point. Si la Logique ne luiimpose aucune contrainte, les enseignements de l'Histoire lui sont un guidetrès sûr et très minutieux; le souvenir des tentatives passées et de leur sortheureux ou malheureux l'empêche de recevoir des hypothèses qui ontconduit à leur ruine des théories plus anciennes ou la persuade d'adopterdes idées qui, déjà, se sont montrées fécondes. Elle ne saurait prouver sespostulats et n'a pas à les prouver, mais en retraçant les vicissitudes parlesquelles ils ont passé avant de revêtir la forme sous laquelle elle lesprésente, elle peut leur gagner notre confiance, obtenir que nous leurfassions crédit jusqu'au moment où leurs conséquences recevront les confir-mations expérimentales que nous avions escomptées.
C'est afin que l'Energétique puisse connaître et exposer l'évolutionsubie par chacun de ses principes fondamentaux que nous avons entreprisd'écrire l'histoire des grandes lois de la Statique et de la Dynamique.
On savait que d'importantes réflexions sur la Statique se trouvaientesquissées dans les notes manuscrites de Léonard de Vinci. La lecture deLéonard de Vinci, celle de Cardan appelèrent notre attention sur la Statiqueinexplorée du Moyen-Age; et bientôt, le dépouillement de tous les textesmanuscrits relatifs à la Statique que conservent les bibliothèques publiquesde Paris nous donnait en abondance des trouvailles inespérées (19, t. I).Le Moyen-Age chrétien avait connu des écrits de Statique composés par lesGrecs; certains de ces écrits lui étaient parvenus directement,et d'autres parl'intermédiaire de commentaires arabes. Mais les Latins qui lisent ces œuvresne sont nullement les commentateurs serviles et dénués de toute inventionqu'on s'est plu à nous montrer en eux. Les débris de la pensée grecque,