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au moins dans certaines limites, aux grandeurs qui définissent l'état initialdu système, aux actions mécaniques et calorifiques qui l'influencent sansprovoquer le changement en question. L'équilibre dû à de semblables pro-priétés passives doit être absolument distingué de celui qui résulte de l'équi-valence des tendances actives du système. Dans ce cas, un changementinfiniment petit de l'état initial ou des forces extérieures suffit pour provoquerdans un sens ou dans l'autre un changement correspondant du système ;cette propriété essentielle de l'équilibre proprement dit permet très aisémentde reconnaître l'intervention des résistances passives. »
De ces quelques lignes de Gibbs, nous aurions souhaité de rapprocherici la doctrine des faux-équilibres chimiques telle que nous l'avons édifiée(2/io, 25o; 5, t. I; 6, 7); mais nous ne le pourrions faire sans allonger déme-surément cette notice. Nous nous contenterons de poser deux affirmationsque nous croyons justifiées :
Si la doctrine des faux-équilibres n'apprenait k discerner les circon-stances où l'on doit appliquer les règles de l'Energétique ordinaire descirconstances où il est interdit d'en user, les faits d'expérience opposeraientde continuelles contradictions aux théories de la Statique chimique fondéesur la Thermodynamique.
Sans le secours de la doctrine des faux-équilibres, le chapitre intitulé :Action de la température, serait encore, pour la plupart des composéschimiques, le chaos de propositions, contradictoires en apparence, qu'ilfut pendant si longtemps ; cette doctrine seule permet de mettre ce chapitresous une forme simple et claire.
La doctrine des faux-équilibres a suscité des critiques assez vives qu'ilne nous est pas permis de passer sous silence.
On a contesté, d'abord, les expériences qui la vérifiaient.
Par des recherches très soignées sur la dissociation de l'hydrogène séléniéet de l'hydrogène sulfuré, M. Henri Pélabon avait donné, de deux faux-équilibres chimiques, une analyse détaillée qui, par analogie, éclairait unefoule d'autres cas. Un chimiste allemand, ML Max Bodenstein, survintet annonça qu'aucun des faits annoncés par M. Pélabon ne se produisaitréellement. Or, avant d'arguer d'erreur grossière les expériences deM. Pélabon, il n'avait nullement pris la précaution élémentaire de lesreprendre dans les mêmes conditions. Il les avait reproduites dans des condi-tions essentiellement différentes. En ses expériences, un des corps réagissante,soufre ou sélénium, formait une couche d'une ténuité extrême sur les parois