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appliquées, à moins que par des postulats spéciaux on ne lui en ait étendul'emploi.
Or, deux catégories de systèmes échappent, à la fois, aux prises des deuxconditions dont nous venons de parler ; ces systèmes sont ceux qui présententdes frottements ou des faux-équilibres et ceux qui sont affectés de modi-fications permanentes.
Lorsqu'un corps qui touche avec frottement un autre v corps est main-tenu en équilibre à son contact par certaines forces, on peut, sans le déplacer,modifier entre certaines limites la grandeur et la direction de ces forces sanstroubler l'équilibre.
Lorsqu'à la température ordinaire, un mélange d'oxygène, d'hydrogèneet de vapeur d'eau est en équilibre sous une certaine pression, on peutchanger la grandeur de cette pression sans qu'il y ait ni dissociation de lavapeur d'eau ni combinaison de l'oxygène avec l'hydrogène, partant sansque l'équilibre chimique soit troublé.
Voilà donc deux systèmes auxquels nous ne pourrons, jusqu'à nouvelordre, appliquer aucune règle d'Energétique qui invoque le principede Carnot.
Gibbs avait fort bien vu que de tels systèmes demeuraient en dehors dela doctrine qu'il allait développer; rappelons ce qu'il en disait (trad. H. LeChâtelier, pp. 6 et 7) :
« Pour appliquer à un système les conditions d'équilibre qui viennentd'être énumérées, il faut connaître les résistances passives qui s'opposent auxchangements, au moins quand elles sont capables d'empêcher complètement
ces changements..... Comme exemple de forces passives, on peut citer le
frottement qui empêche le glissement de deux surfaces solides pressées l'unecontre l'autre, la cohésion qui empêche les différentes parties d'un solide,parfois même d'un fluide, de prendre des mouvements différents l'un del'autre, la résistance d'ordre chimique qui empêche deux formes d'unemême substance (simple ou composée) de se transformer l'une dansl'autre ('), la résistance qui s'oppose aux changements de forme des corpsplastiques.
» La caractéristique de ces résistances passives est d'empêcher certainesespèces de mouvements ou de changements, bien que l'état initial du systèmepuisse être modifié et qu'il tende à l'être par l'action extérieure des forces etde la chaleur qui le sollicitent. On peut communiquer des variations finies,
(*) C'est nous qui soulignons.