L’AMOUR EN RUSSIE
Véra Alexandrovna, lorsqu’elle entendit cetteproposition étrange, le regarda étonnée. Ellehocha la tête et répondit avec mélancolie :
— Je ne puis vivre qu’ici.
Ture Ekman prit tant de goût aux heurespassées en compagnie de cette charmante fillequ’il lui proposa de l’accompagner dans lescourses qu’il avait à faire l’après-midi. Elle luiservirait d’interprète.
Ils sortirent ainsi quelquefois ensemble, allè-rent au cinéma, prirent le thé à l’hôtel Astoria.Ture Ekman avait pour Véra Alexandrovnamille attentions. Il lui achetait des boîtes dechocolat et des bonbons. Il était, avec elle, toutà fait paternel. Cela permettait une intimitébien plus grande. La jeune fille se prêtait à cejeu. Du reste, par sa tenue même, par toutel’atmosphère qu’elle créait autour d’elle, parson air inimitable de « ne me touchez pas », elledonnait à l’excellent Suédois l’impression qu’elleétait aussi pure et aussi froide que les neiges deson septentrional pays.
Il se complaisait dans ces pensées agréableslorsqu’un fait nouveau l’obligea soudainement
- 102