Druckschrift 
L' Amour en Russie
Entstehung
Seite
103
Einzelbild herunterladen
 

VERA ALEXANDROVNA

à mettre en doute la valeur des réflexions qu’ilavait faites au sujet de sa chère lectrice.

Il avait été souper chez des amis à la Pers-pective de Kameno-Ostrof. C’était le quartieroù habitait Véra Alexandrovna. Le souper s’étaitprolongé très tard ; on avait bu plus que deraison. Vers cinq heures du matin, un peualourdi, Ture Ekman se décida enfin à regagnerle lointain hôtel de l’Europe. Il prit un traîneau,releva le col de sa fourrure, mit les mains dansses poches et, cahoté au trot lent du cheval surla neige durcie et inégale, éprouva un plaisirassez vif à sentir l’air glacé lui piquer les joueset le front. « Je n’ai pas beaucoup d’heures àdormir, songeait-il. Véra Alexandrovna viendracomme à l’ordinaire. C’est un ange !... Ah! quej’ai sommeil !... Pourvu que je me réveille àtemps !... »

Cependant il s’intéressait à la vie qui com-mençait à renaître dans la ville endormie. Mal-gré le froid, malgré la profondeur de la nuit,on voyait des femmes glisser le long des mai-sons, tout emmitouflées dans leurs manteauxfourrés, la tête couverte d’un châle. C’était des

- 103