VERA ALEXANDROVNA
servées plaisaient infiniment à Ture Ekman. Ilse souvenait des paroles de son ami : « Prenezgarde à vous ! » Mais quel danger pouvait-oncourir auprès de cette enfant innocente ? Elle necherchait pas à lui plaire. Elle n’essayait pas dele gagner. Elle ne déployait aucune coquetterie.
On aurait bien étonné Ture Ekman si on luiavait dit qu’il était en train de devenir amoureuxde sa lectrice. Lorsqu’il voyait la jeune Russe, ilpensait à chaque fois à sa digne épouse et à safille, pour se féliciter que les siens vécussentdans une atmosphère si différente de celle qu’ilrespirait à Pétrograd. Parfois il s’attendrissaitsur le sort qui attendait Véra Alexandrovna.,Elle devrait se marier, épouser un honnêtehomme. Son père, il est vrai, occupait une hauteposition, mais, à quelques mots échappés à lajeune fille, Ekman avait compris qu’il manquaitquelque chose à ce foyer. Qui donc pourrait luiassurer l’existence heureuse à laquelle elle avaitdroit? Un jour il en arriva même à lui demanderpourquoi elle ne viendrait pas avec lui en Suède,où elle trouverait, sans doute, un mari digned’elle.
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