L’AMOUR EN RUSSIE
Il s’était emparé de la main de sa lectrice etparlait avec une bonté si évidente, que la jeunefille reprit contenance et qu’il eut le plaisir devoir qu’elle lui souriait.
A partir de ce jour-là, leur intimité fut plusgrande et ils devinrent de très bons amis.
Bientôt la comédie de la lecture cessa et futremplacée par une conversation dans laquelleM. Ture Ekman eut l’occasion d’apprendrebeaucoup plus de choses sur la vie russe, sur I?famille et sur les jeunes filles, qu’il n’aurait pule faire en vingt années d’une lecture quotidiennedes journaux. Pourtant il remarqua que VéraAlexandrovna, si elle parlait à cœur ouvert dessiens et de ce qu’elle avait vu autour d’elle,était fort sobre de détails pour tout ce qui con-cernait sa vie propre. Il semblait qu’il s’agît pourelle d’un spectacle auquel elle n’était pas mêlée.Elle lui apparaissait comme une jeune fille simpleet pure dans une société compliquée, libre àl’excès, et, somme toute, dépravée. Mais lesgrâces de la jeunesse l’avaient préservée. Ellesavait tout et n’avait goûté à rien. Cette fraî-cheur et cette candeur de l’âme qu’elle avait con-
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