L’AMOUR EN RUSSIE
comique du monde. Il s’occupait de politiqueet d’afïaires ; là il était de premier ordre. Dans lesquestions féminines, il s’avouait incompétent.Elles ne l’intéressaient du reste pas. Il pensa àson excellente femme, presque aussi âgée quelui, à sa fille qui avait deux ans de plus que salectrice.
— Envoyez-moi Véra Alexandrovna, dit-il,j’ai à travailler et, si elle est intelligente, nousnous entendrons vite. Sinon, fût-elle Vénus elle-même, il faudra m’en trouver une autre.
Le lendemain matin, vers onze heures, le por-tier de l’hôtel lui téléphona qu’une dame ledemandait.
N’osant la recevoir dans sa chambre, il des-cendit au rez-de-chaussée. Il se trouva en faced’une personne de taille moyenne, mince, d’ap-parence' délicate, enveloppée dans un grandmanteau de fourrure. Elle était placée à contre-jour et il ne voyait que la forme de sa tête, quiétait petite, et, dans un visage fin et pâle, deuxgrands yeux de couleur indécise qui le regar-daient bien en face. Elle lui tendit la main d’ungeste plein de naturel, où il n’y avait ni familia-
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