VERA ALEXANDROVNA
rite ni gêne. C’était chez M. Ture Ekman qu’onaurait trouvé, à ce moment-là, de la timidité,,car il ne savait exactement comment traitercette jeune fille élégante qui venait se mettre àson service.
Il s’excusa de ne pouvoir la recevoir chez luiet lui proposa de passer dans la salle de lecture.Ils eurent quelque peine à y trouver de la placetant elle était pleine et bourdonnante de gens quientraient, sortaient, feuilletaient les journaux oucausaient. Il était impossible de travailler dansun tel brouhaha.
Il tourna sa bonne figure d’homme tranqu.lleet bien nourri ,vers la jeune fille et se mit àrire.
— Que ferons-nous, Véra Alexandrovna? de-manda-t-il.
— Ce que vous voudrez, répondit-elle.
Il hésita un instant.
— Il faut aller chez moi. Vous n’y voyez pasd’inconvénient ?
— Et pourquoi donc ? dit la jeune fille.
— Eh bien, attendez-moi quelques minutesici. Cherchez pendant ce temps les nouvelles
— 93 —