NADIA
bois maintenant à votre victoire et à la continua-tion de vos succès. Notre excellent ami vousemmène à France où vous montrerez à sescompatriotes ce qu’est une vraie fille de sangrusse. Hourra !
Sur quoi le capitaine vida son verre d’un trait,puis le brisa, ce qui ne l’empêcha pas d’en faireapporter un autre et de continuer ses libations.
Alexandre Naudin était au comble de la joie ;Nadia, elle-même, qui, à l’ordinaire, ne buvaitpresque pas, avait pris quelques verres de vin.Ivan Iliitch Poutilof les embrassa l’un et l’autreavant de remonter en automobile pour rentrerà Tiflis.
Cette nuit-là, lorsqu’ils furent seuls à l’hôtel,l’humeur de Nadia changea brusquement. Elledevint triste, s’étendit sur le divan et enfouit satête dans ses mains. D’abord, Alexandre Edouar-dovitch n’y fit aucune attention. Il se déshabil-lait en sifflant de son mieux, ce qui n’est pasbeaucoup dire, un air caucasien qui lui plaisaità la folie. Lorsqu’il fut couché, il s’aperçut queNadia n’avait pas bougé. Il l’appela. Elle ne ré-pondit pas. Il fut obligé de se lever pour aller
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