L’AMOUR EN RUSSIE
ter des progrès qu’il avait faits dans la languerusse.
La soirée était tiède encore. Pourtant un ventplus frais caressait les branches des arbres autourdu pavillon ; le fin croissant de la lune brillaitau milieu des étoiles étincelantes et les mélopéesardentes de la zourna troublaient seules la paixde la nuit. Il y avait dans l’air une telle douceurque nos trois convives n’y furent point insen-sibles et qu’Alexandre Naudin se mit à chercherdans sa mémoire des vers capables de traduireson émotion. Il finit par retrouver, à sa grandesurprise, quatre mots latins oubliés depuis lelycée : Per arnica silèntia lunæ !
Un souper excellent et des vins chargés d’al-cool eurent bientôt dissipé la quasi gêne que labeauté extrême de l’heure avait fait naître. Audessert, le capitaine Poutilof se leva et porta lasanté de ses hôtes.
— Mon cher Alexandre Edouardovitch, dit-il,je bois comme officier à la défaite que l’arméefrançaise, représentée par un de ses membreséminents, a subie sur le sol russe. Il a suffi pourle vaincre d’une femme de mon pays. Nadia, je
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