L’AMOUR EN RUSSIE
elles cherchaient l'effet, le trouvaient quelque-fois, le manquaient souvent. Nadia n’avait pasl’ombre d’une prétention ; elle était une per-sonne simple (pour autant que Naudin la com-prenait) et naturelle, qui n’imagine pas qu’ellepourrait être autrement, ni qu’il y aurait unavantage pour elle à paraître différente de cequ’elle est. Les Françaises étaient peut-êtreplus amusantes, mais de l’amusement qu’ellesdonnaient, on se lassait à la longue, tandis qu ily avait en Nadia un charme secret qu’AlexandreNaudin eût été bien en peine d’analyser, maisdont il sentait peu à peu et chaque jour l’atti-rance continue.
Parfois, il se disait qu’il ne connaissait riende sa maîtresse. Cette ignorance avait quelquechose d’agréable sans doute, mais aussi d’un peuirritant.
Il constatait avec surprise qu’elle ne manquaitpas d’une certaine culture. Elle avait fait sesclasses dans un gymnase. D’autre part, elle étaitbien élevée. Aux yeux de qui n’aurait rien sud’elle, elle aurait pu passer pour une jeune filledu monde.
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