NADIA
seur. Ils goûtaient enfin un repos prolongé surles lits de la pièce voisine, tout en buvant desboissons fraîches.
Ils firent quelques excursions dans le Caucase,visitèrent, pour fuir la chaleur insupportable deTiflis, la station thermale de Borjom. Mais lespunaises innombrables, dont, il faut l’avouer,Nadia s’accommodait, en rendirent le séjour in-supportable au jeune Français. Ils virent lesruines célèbres d’Ani, la ville aux mille églises,s’arrêtèrent à Etchmiadzin, au pied de l’Ararat,poussèrent jusqu’à l’orientale Erivan, où Nadiaparut se plaire.
Alexandre Naudin était enchanté de sa com-pagne de voyage. Avec elle il ne s’ennuyaitjamais. Elle continuait, il est vrai, à parler peu,mais Naudin pensait sagement qu’il vaut mieux,à tout prendre, une maîtresse taciturne quebavarde.
Il la comparait aux femmes françaises de saclasse qu’il avait connues. Il était rare que cesdernières ne tombassent pas dans la vulgarité.Or, il n’y avait quoi que ce fût de vulgaire enNadia. Les Françaises avaient plus de brillant ;
69 —