NADIA
« Pourquoi, diable, s’est-elle mise dans lagalanterie ? » se demandait Alexandre Naudinqui avait des idées peu compliquées.
C’était un sujet qu’il n’était pas facile d’abor-der avec elle. Elle trouvait des échappatoiresaux questions trop curieuses de son ami et laplus facile de toutes, qui était de ne pas ré-pondre. Il sut seulement qu’elle avait dix-neufans et qu’elle était arrivée d’Omsk à Tiflis laveille même du jour où il l’avait rencontrée.Cette nouvelle plut à Alexandre Naudin quiavait, au fond, des idées de propriétaire et quin’aimait pas à penser que Nadia avait été dansles bras du notaire du vice-roi ou du beaucolonel de cavalerie.
— A Omsk, dit-il, tu avais un ami commemoi ?
— Oui, répondit-elle.
— Que faisait-il dans la vie ?
— Il était officier.
— Pourquoi l’as-tu quitté ?
Un haussement d’épaules fut la seule réponse.Naudin en conclut que Nadia n’en savait peut-être rien. Il continua son interrogatoire.
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