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ALLEMANDS ET FRANÇAIS.
thisé avec la Pologne, avec la Hongrie, avec l’Italie,non point au nom de droits historiques plus oumoins contestables et plus ou moins vieux, mais aunom de la justice offensée et de la conscience hu-maine foulée aux pieds.
Si l’on refuse aux peuples le droit de disposerd’eux-mêmes, la force seule devient la règle dudroit. On me répondra, je le sais, que si l’on admetla volonté des individus comme base du droit pu-blic, il faudrait admettre qu’une province d’un payspeut s’en séparer quand elle le veut; ce qui n’estpas admissible. Les Allemands prétendent s’incor-porer l’Alsace au même titre que nous l’aurionscontrainte à rester française si naguère elle avaitvoulu se séparer de nous. Je n’ignore pas que c’estlà le point vulnérable des théories qui fondent ledroit des gens sur le respect de la volonté des peu-ples, que beaucoup de Français attribuent nosdéfaites à ces théories philosophiques, philanthro-piques, humanitaires, et veulent revenir au patrio-tisme étroit, historique, allemand en un mot. —Pour moi, si notre état politique est en désaccordavec les principes de justice, ce n’est pas ceux-cimais celui-là qu’il faut sacrifier. La France ne peutpas renoncer à ces idées larges, sympathiques, hu-maines, qui lui ont donné une si grande influencedans le monde, et qui aujourd’hui constituent en-