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1M ALLEMANDS ET FRANÇAIS.
étaient incontestablement allemandes, et ont étéjadis enlevées à l’Empire allemand par force ou parruse. Le sentiment amer du droit lésé, de l’orgueilnational humilié, de la perte matérielle, n’est pointencore effacé chez nous. Ce qui a fait faire le plusde mauvais sang à nos aînés, c’est qu’on n’ait pasprofité de la chute du premier Napoléon pour ren-dre à l’Allemagne ses anciennes frontières. Notrepeuple s’en tient au vieux principe que cent annéesde passe-droit ne créent pas une heure de droit.Comment n’aurait-on pas profité d’une guerre heu-reuse pour satisfaire des aspirations toujours vi-vantes au rétablissement de ce que nous nommonsnotre droit? Je sais bien qu’au point de vue fran-çais, les choses sont présentées différemment. Onfait valoir la longue possession; on fait remarquerle peu de sécurité qu’offriraient les relations poli-tiques, si l’on voulait ressusciter capricieusementdes droits périmés ; on en appelle aux sentimentsdes populations elles-mêmes qui veulent appartenirà la France et non à l’Allemagne. Sur ce dernierpoint nous pensons que ces sentiments sont passa-gers et que le caractère foncièrement allemand dupays les transformera bientôt, dès que sera dissipéle malaise que tout état de transition entraîne fatale-ment avec lui. Nous nions aussi qu’une partie d’unenation ait le droit de choisir sa route d’après son