SOUVENIRS DE CAMPAGNE • 1°29
contracté dans la vie de garnison des habi-tudes déplorables de paresse et d’incurie.Après la bataille du 18 août, nous en avonsvu qui laissaient des blessés sans soins, parterre, dans la rue, tandis qu’ils faisaient tran-quillement leur cuisine dans une grange. Surnos observations :
— Nous avons fini nos amputations, dit l’und’eux, le reste ne nous regarde pas.
Les ambulances internationales ont un peusuppléé à l’insuffisance des ambulances mili-taires, mais elles-mêmes laissaient beaucoupà désirer. Notre service sanitaire est à réor-ganiser tout entier. Mais cela n’est possiblequ’en réorganisant l’armée, et pour réorga-niser l’armée il faut réorganiser la nation elle-même.
•le générosité que les médecins allemands étaient loin d’avoirau même degré. Ceux-ci remplissaient strictement leur de-voir, mais faisaient naturellement passer les compatriotesavant les ennemis, tandis que je sais plus d’un major fran-çais qui distribuait d’abord des couvertures aux Allemands,quand il n’y en avait pas pour tout le monde, Un jeuneblessé bavarois nous a bien fait rire un jour en nous disant :« Les Français sont pourtant bien mieux élevés que nous.— Die Franzosen sind doch viel besser erzogen als wir. »