106 ALLEMANDS ET FRANÇAIS.
dans sa marche et paralysée dans ses efforts,comme l’armée de Napoléon I er en Espagne.Les Allemands ont bien pu se livrer à de ver-tueuses et ridicules indignations contre le mé-tier d’assassins que faisaient les francs-tireursdans leur guerre d’embûscades ; mais ils n’ontjamais pensé un mot de ce qu’ils disaient;ils savent bien que tout soldat fait un métierd’assassin et que la guerre n’est plus un duelà armes égales comme du temps des Horaceset des Curiaces ; ils savent de plus que leurgrande guerre de 1813 a été en partie uneguerre de francs-tireurs ; ils admirent commenous, j’en suis sûr, le major Scliill, le no-ble Andréas Hofer, Th. Kcerner, CharlesFriesen.
Si je ne partage en aucune façon l’opinionde ceux qui réprouvent les francs-tireurs et laguerre d’embuscades, je ne suis pas non plusde ceux qui s’étonnent que les Prussiens lesaient fusillés. Ils ne pouvaient pas leur recon-naître le caractère de belligérants, leur sécu-rité exigeait la sévérité la plus terrible envers