SOUVENIRS DE CAMPAGNE.
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toutes couleurs, officiers de toute arme, gari-baldiens, zouaves pontificaux, mobiles de tousles départements, et des croix rouges en sigrand nombre qu’on se demandait avec scan-dale s’il n’y avait pas encore plus de médecinset d’infirmiers que de soldats. Je revoyais làdes figures que j’avais rencontrées avant Sedan;il s’y trouvait même, hélas ! des officiers quiavaient juré de ne pas reprendre les armes,et qui se préparaient à violer leur parole, en-couragés par un gouvernement chez qui lesens de l’honneur s’était émoussé comme lesens de la vérité. Jamais je n’ai senti aussivivement l’incurable légèreté du caractèrenational, la puissance d’illusion qui empêchaitles esprits d’envisager la réalité dans toute salaideur, enfin cet aveuglement volontaire quirend les Français incapables de voir, de direet d’entendre la vérité. Sans doute ils sonthéroïques, ils savent sacrifier leur fortune etleur vie, ils ont un ressort merveilleux pourrester gais au milieu du malheur, et rire deleurs revers; mais ces qualités perdent leur