38 ALLEMANDS ET FRANÇAIS.
bientôt devait se faire connaître sous le nomd’Armée de la Loire.
Ce qu’on voyait à Tours n’était pas fait pourrendre le courage et l’espoir. Les ministèrespassaient d’un jour à l’autre d’une folle con-fiance à un fol abattement, suivant les nou-velles bonnes ou mauvaises qu’ils recevaient.Gambetta, nouvellement arrivé de Paris, sem-blait par son énergie et son dévouement, dignedu poste éminent qu’il occupait, mais il con-tinuait à pratiquer le système de mensongesofficiels que l’Empire avait légué à la Répu-blique. Les journaux croyaient servir la patrieen calomniant les ennemis, en inventant dessuccès de fantaisie. Les démentis infligés parles événements à leurs imaginations décou-rageaient d’autant plus ceux qui s’étaientlaissé duper par leur enthousiasme factice.Au milieu de tout cela, le public passait, cau-sait, riait, trouvant la situation piquante etneuve, et n’en sentant nullement la tragiquedétresse. Les costumes les plus bizarres secroisaient dans les rues; francs-tireurs de