SOUVENIRS DE CAMPAGNE.
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repartons dans la direction de Clermont. Ami-chemin de cette ville, par conséquent àhuit lieues en avant dès lignes allemandes,nous rencontrons en effet sur la grand’routedeux uhlans. Ils se rangent de côté et nousregardent passer en fumant leur cigare. Laveille ils avaient forcé les paysans d’un vil-lage voisin à détruire le télégraphe et le che-min de fer. Laissant sur notre gauche Àubré-ville où notre marche-route nous ordonnaitd’aller nous présenter au commandant prus-sien (1), nous poussons droit sur Clermont oùnous causons un immense émoi. La popula-tion, persuadée que l’ennemi va survenir d’unmoment à l’autre, s’imagine en nous voyantque ce sont les Prussiens qui arrivent. On seprécipite dans les rues à notre rencontre, etdes femmes viennent nous supplier de ne pasleur faire de mal et de traiter la ville avecdouceur.
(1) Les éclaireurs prussiens arrivèrent en effet ce mêmejour à Aubréville. Ils devaient relier par la vallée de la Meuseet l’Argonue, l’armée de Frédéric-Charles et celle du PrinceRoyal.