SOUVENIRS DE CAMPAGNE.
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lui donna la note des endroits où notre aideserait le plus nécessaire. Il n'indiqua pointnaturellement les trop fameuses carrières deJaumont où l’on ne s’était pas battu, maisSaint-Privat, Sainte-Marie-aux-Chênes etAmanvilliers.
Le lendemain 21 août de bon matin nousétions à Saint-Privat. Malgré la prodigieuseactivité des ambulances allemandes et le per-sonnel immense dont elles disposaient, tantmilitaire que civil, des centaines de blessésétaient encore étendus par terre dans lesrues, sur un peu de paille, sans pansement,sans nourriture. Dans les champs, tout jon-chés de débris de la bataille, on enterraitles morts; mon imagination, frappée pour lapremière fois par ce sinistre spectacle, a con-servé le souvenir, exagéré sans doute, detous ces cadavres entassés en monceaux ré-guliers et formant comme de noires murailles.Nos ressources comme nourriture et panse-ments furent vite épuisées (I). Sur le conseil
(1) Je ne raconte rien des mille accidents de notre vie