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ALLEMANDS ET FRANÇAIS.
de blessés, disait-il, étaient encore sur le ter-rain; il fallait nous y porter au plus vite.
Il était quatre heures et demie, le cielétait couvert et il commençait à tomber unepluie fine et froide. Nous prîmes la route deBriey. Des paysans qui s’enfuyaient, les unsen carriole ou en chariots, d’autres à pied,tirant leurs vaches derrière eux, nous regar-daient d’un air hagard, ne pouvant rien répon-dre à nos questions, sinon : « Les voilà, ilsviennent! » Les femmes pleuraient et trem-blaient. Un curé croisa notre route; il lisaitson bréviaire. Comme nous lui demandionss’il savait quelque chose, il leva les yeux d’unair étonné, et reprit paisiblement sa lectureet sa promenade. Enfin au moment d’arriverau village de Landres, deux uhlans postés surle point le plus élevé de la route, nous arrê-tèrent de loin en criant et en nous visant avecleurs grands pistolets. Notre chef mit p'ied àterre, un officier de uhlans s’approcha, et avecla plus grande courtoisie,, après l’avoir remer-cié des secours qu’il apportait aux blessés,