141 Rage.
ou rage blanche , eft accompagnée des lymptomejfuivants. Le malade eft preiîé par une foif arden-te , & il fouftfe en buvant ; bientôt il hait laboiffon , particuliérement l’eau , & quelquesheures apres il l’abhorre ; 3 c cette horreur eft flforte, que l’approche de l’eau près de fes levres,fa vus, fon nom même ou celui de toute autreboiflon , la vue des choies qui par leur tranf-parenceont quelque rapport avec l’eau , commefa lumière , lui occaiionnent une angoifîe extrê-me , & quelquefois des convulfions. Ils avalentcependant , mais violemment , un peu de vian-de ou de pain , quelquefois de la foupe ; plu-fieurs même , les boifions qu’on leur offre com-me remede , moyennant que ce ne foit pas d8l’eau , ou qu’en même temps on ne leur parlepas d’eau. L’urine s’épaiffit oc s’enflamme quel-quefois elle fe iupprime. La voix devient rau-que , ou ils la perdent prefqu’entiérement, maisce qu’on dit de leurs aboiements femblables àceux des chiens, font des contes ridicules, fuper-ftitieux & dénués de tout fondement, auffi-bicaque plufieurs autres fables dont on a chargél’hiftoirede cette maladie. L’aboiement des chiensleur fait peine. Ils ont des moments de délire ,mêles quelquefois de fureur. C’eft dans ces mo-ments qu’ils crachent autour d’eux, qu’ils cher-chent même à mordre, & qu’ils ont mordu quel-quefois. Le regard eft fixe & un peu furieux ;le vifage fouvent rouge. Ordinairement ces in-fortunes Tentent venir l’accès , & conjurent lesafliftants d’être fur leurs gardes. Plufieurs n’ontjamais cette envie de mordre. Les angoiffes &les douleurs qu’ils leftbntcnt font inexprima-bles; ils défirent ardemment la mort, 8 c quel-ques-uns fe font tués eux-mêmes quand ils eaont eu les moyens.
$. 19a. C’eft à la falive, & à la falive feule ,