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Tome Premiere (1766)
Entstehung
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142
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141 Rage.

ou rage blanche , eft accompagnée des lymptomejfuivants. Le malade eft preiîé par une foif arden-te , & il fouftfe en buvant ; bientôt il hait laboiffon , particuliérement leau , & quelquesheures apres il labhorre ; 3 c cette horreur eft flforte, que lapproche de leau près de fes levres,fa vus, fon nom même ou celui de toute autreboiflon , la vue des choies qui par leur tranf-parenceont quelque rapport avec leau , commefa lumière , lui occaiionnent une angoifîe extrê-me , & quelquefois des convulfions. Ils avalentcependant , mais violemment , un peu de vian-de ou de pain , quelquefois de la foupe ; plu-fieurs même , les boifions quon leur offre com-me remede , moyennant que ce ne foit pas d8leau , ou quen même temps on ne leur parlepas deau. Lurine sépaiffit oc senflamme quel-quefois elle fe iupprime. La voix devient rau-que , ou ils la perdent prefquentiérement, maisce quon dit de leurs aboiements femblables àceux des chiens, font des contes ridicules, fuper-ftitieux & dénués de tout fondement, auffi-bicaque plufieurs autres fables dont on a chargélhiftoirede cette maladie. Laboiement des chiensleur fait peine. Ils ont des moments de délire ,mêles quelquefois de fureur. Ceft dans ces mo-ments quils crachent autour deux, quils cher-chent même à mordre, & quils ont mordu quel-quefois. Le regard eft fixe & un peu furieux ;le vifage fouvent rouge. Ordinairement ces in-fortunes Tentent venir laccès , & conjurent lesafliftants dêtre fur leurs gardes. Plufieurs nontjamais cette envie de mordre. Les angoiffes &les douleurs quils leftbntcnt font inexprima-bles; ils défirent ardemment la mort, 8 c quel-ques-uns fe font tués eux-mêmes quand ils eaont eu les moyens.

$. 19a. Ceft à la falive, & à la falive feule ,