13.8 Rhumatïfme.
va au pied , à la hanche, aux reins, aux épau-les, au coude, au poignet, à la nuque, & ibu-vent dans les parties moyennes. Quelquefois unepartie fe dégage tout-à-feit quand l’autre eft at-taquée ; d’autres fois plufieurs, & même, commeje l’ai vu , toutes les articulations font attaquéesen même -temps , & alors l’état du malade eft a£freux ; il n’eft capable d’aucun mouvement , &il craint le fecours de tous ceux qui voudroientl’aider, parce qu’on ne peut pas le toucher fansle faire fouffrir, Il ne peut pas foutenir le poidsdes couvertures, qu’on eft obligé d’appuyer furdes arceaux ; & le mouvement qu’on imprimeau plancher, en marchantdans l'a chambre, redou-ble fes douleurs. Les endroits où elles font ordi-nairement les plus cruelles & les plus opiniâtres,font les reins, les hanches & la nuque.
§. 164 . Le mal fe jette auffi fouvent fur la peaude la tête , & les douleurs fofit exceflives. le l’aivu attaquer les paupières & les dents avec uneviolence qu’on ne peut pas décrire. Tant que lemal eft extérieur, quelque douloureux qu’il foit,fi le malade eft bien conduit, il n’y a pas un granddanger ; mais fi par quelque accident, par quel-que faute, ou par quelque caufe cachée, le mal fejette fur quelque partie intérieure, il eft extrême-ment dangereux. S’il attaque le cerveau, il occa-fionne un délire frénétique ; en fe jettant fur lepoulmon, il fuffoque ; & s’il attaque l’eftomac oules entrailles, il produit des douleurs inouies ,occafionnées par l’inflammation de ces parties,qui, fi elle eft forte , tue promptement. Je vis ily a deux ans un homme robufte, qui, quand onm’appella, avoit déjà la gangrené dans les boyaux,dont le mal avoit commencé par un rhumatifmeaux bras & à un genou , qu’on avoit voulu diftiperen le faifant fuer avec des chofes chaudes, il avoiteffectivement beaucoup fué , mais l’humeur in-