Ilî. Des coups de Soleil.
meurs ; ce qui procure de violents maux de tête,accompagnés l'ouvent de lancées vives & fré-quentes, & de douleur dans les yeux ; mais cemal eft rarement dangereux. Les gens de la cam-pagne, les pcrfonnes de la ville qui n’ont pointdilconunué l’exercice pendant l’hiver , ne crai-gnent point ces l'oleils de printemps. Les coupsde foleil en été font bien plus fâcheux ; & ilsattaquent les ouvriers ouïes voyageurs , qui fontlong- temps expofés à l’ardeur.C’eft alors que le maleft porté à fon plus haut degré, & que les ma-lades meurent Couvent fur la place. Dans les payschauds, cette caufe tue plulieurs perfonnes dansles rues, & fait de grands ravages dans les ar-mées en marche & dans les fieges. L’on en voitde trilles effets dans les pays tempérés. Aprèsavoir marché tout le jour au foleil , un hommetomba en léthargie , & au bout de quelquesheures mourut avec des fymptomes de rage. J’aivu un couvreur , un jour très-chaud , fe plaindreà fon camarade d’un violent mal de tête quiaugmentoit de minute en minute ; au momentou i! voulut fe retirer , il tomba mort & fat pré-cipité. Cette caufe produit très - fréquemmentdans les campagnes des phrénéfies très-dange-reufes, que le peuple appelle fievres chaudes.L’on en voit plufieurs toutes les années.
fy 154. L’effet du foleil eft encore plus dange-reux, fi l’on y eft expofé pendant le fommeil. Deuxfaucheurs s’endormirent fur un tas de foin latête nue ; ayant été réveillés par les autres, ilschancelèrent, prononcèrent quelques mots quin’avoient point de fens, & moururent. Quandl’effet du vin & celui du foleil fe réunifient, ilstuent très-promptement ; & il n’y a pas d’an-nées qu’on ne trouve morts dans les cheminsdes payfans, qui étant ivres , vent tomber dansquelques çoins, où ilspériflènt par une apoplexie
folaire