Des coups de Soleil. iaï
«omprendra tout le danger qu’on court , fi latête eft expofée à une telle chaleur. Les vaiffeauxfe defl'echent, le fang s’épaiffit, il fe forme unevéritable inflammation , qui quelquefois tue entrès-peu de temps. C’cft un coup de foleil qui tuaManajf^_ mari de Judith ; car comme il était auprèsde ceux qui liaient les gerbes aux champs , la cha-leur lui donna fur la tête , 6* il tomba malade , & ilfe mit au lit , & il mourut. Les lignes qui c a raclé-rifent un coup de foleil, font le féjour dans unendroit où il donnoit fortement, un violent malde tête, avec la peau chaude’& extrêmementfeche, les yeux rouges & fecs , ne pouvant nirelier ouverts ni foutenir la lumière ; quelque-fois un mouvement continuel dans la paupière ,du foulagement par l'application de quelque li-queur fraîche ; foavent une impolhbilité de dor-mir ; d’autres fois un grand atloupilfement ;mais accompagné de réveils violents ; unefievretrè -forte , un abattement Sc un dégoût total ;quelquefois beaucoup d’altération , aautres foispoint : la peau du vifage eft fouvent brûlée.
$. 159. L’on elt expofé aux coups de foleil dansdeux faifons de l’année ; ou au printemps , oudans -les grandes chaleurs ; mais ils font biendifférents dans leurs effets. Au printemps les gensde ta campagne , les ouvriers y font peu fujets ;ce font les gens de la ville, les perfonnes déli-cates qui ont pris peu de mouvement pendantl’hiver , & qui ont acquis beaucoup d’humeurs.Si dans ces circonffances elles vont au foleil ,comme il a déjà une certaine force , que par legenre de vie qu’elles ont mené , les humeursfont déjà fort difpofées à fe porter à la tête , quela fraîcheur du terrein , fur-tout cjuand il a plu ,fait qu’on ne fe réchauffe pas aulli aifément lespieds, il agit fur leur tête comme un véficatoire ,& il y détermine une plus grande quantité d’hu-