de Poitrine. 77
pération de l’empyeme. Je n’en parlerai pas ,parce qu’elle ne doit être faite que par d’habilesgens , & ce n’eft pas pour eux que j’écris. T’a-vertis feulement qu’elle efl moins douloureufequ’effrayante , & que fi l’on attend trop long-temps à la faire , elle devient inutile , & le ma-lade meurt miférablement.
8j. L’on voit tous les jours que les inflam-mations extérieures fe gangrènent. La mêmechofe arrive au poumon quand la fievre eft ex-ceffive, l’inflammation naturellement très-vio-lente , ou qu’on l’augmente par des remedeschauds. Une angoifle infoutenable , une très-grande foiblelfe , des défaillances fréquentes , leIroid des extrémités , une eau livide & puantequi fort au lieu de crachats , quelquefois desplaques noirâtres fur la poitrine font connoîtrece trifte état. J’ai vu dans un cas de cette efpe-ce , chez un homme qui avoit été attaqué de cettemaladie après une marche forcée à pied , & à quil’on avoit donné un vin avec des aromates pourle faire fuer, l’haleine fi horriblement puanteque fa femme eut plufieurs foibleflès en le fer-vant. Je ne trouvai plus, quand je le vis, de poulsni de raifon , &c je ne lui ordonnai rien ; il mou-rut une heure après, au commencement du troi-fieme jour.
Ç. 86. L’inflammation peutaufii fe durcir, 8cil fe forme alors ce qu’on appelle un fquirrhe ;c’eft une tumeur fort dure qui ne fait pas de dou-leur. On connoît que cela arrive quand la mala-die ne fe termine d’aucune des façons dont j'aiparlé ; que cependant la fievre & les autres acci-dents fe dilfipent, mais que la refpiration refistoujours un peu gênée , que le malade conferveun fentiment incommode dans un des côtés de lapoitrine , & qu’il a de temps en temps une touxleche , qui augmente après l’exercice & après le