Caiifcs
le mande, mais plus cependant fur le labou-reur , c’eft l’inconftance des temps. Nous paf-fons tout-à-coup, quelquefois plulieurs fois parjour, du chaud au froid , & du froid au chaud ,d'une façon plus marquée & plus prompte quedans le plus grand nombre des autres pays. Ceü>là ce qui rend les maladies catharales & rhuma-tifmales fi fréquentes. La grande précaution qu’ondoit avoir, c’en: d’étre ordinairement un peu plusvêtu que la faifon ne l’exige , de prendre des ha-bits d’hiver de bonne heure en automne , & dene pas fe preflér de les quitter au printemps. Lesouvriers prudents , qui fe déshabillent pendantle temps au travail , ont foin de remettre leurshabits le foir en fe retirant (i). Ceux qui parnégligence fe contentent de les remporter perchésfur leurs outils, s’en trouvent quelquefois très-mal (a). Il y a quelques endroits, maison très-petit nombre, où l’air eftinal-fain, plus par fa na-ture que par les variations, comme à Villeneuve , àNoville fur-tout, & dans quelques autres villa-ges fitués dans les marais qui bordent le Rhône:ces pays font fujets à ces hevres d’accès dont jedirai un mot ailleurs.
<i) Les variations dans la température de l’air, oules changement; du chaud au froid & à l’humide > quifont très - fréquents Sc fubits dans ce pays-ci, doiventfaire fuivre aux ouvriers de tout genre , le confeil quel’on donne ici fur les habillements : cela eif encore plusimportant dans les lieux où des rivières , des bois, desmontagnes entretiennent une humidité conhdérable , 3coù les foirées font froides ôc humides en tout temps.
( i ) Il y a beaucoup d’endroits dans ce royaume oùl’Air eft très-mal-lUin , foit parce qu’il y a beaucoup d’eauqui étant fans mouvement, fe corrompe, & infeéte l’airri’exhalaîfons putrides, foit parce que des montagnes oudçs bois y entretiennent l’humidité, empêchent que l’airne fe renouvelle , &c mettent ces lieux à l’abri des ventsfalutaires du Nord &: de l’üft , qui pourroicnc dilîîper l;$exhalations & l’huinidité.