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Tome Premiere (1766)
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4 ISTROrrVCTlOX,treroient lincertitude, & combien létat quils au-roient eu dans leur patrie eft préférable à celuiquils ont eu. Lon ne partirait quavec des avanta-ges prefque fûrs ; il fortiroic beaucoup moins degens ; trouvant moins de concurrents , ils suffi-raient mieux ; trouvant moins de leurs compatrio-tes hors de chez eux , ils y reviendraient plus fou-vent; par- même il refteroit plus dhabitants aupays, il en rentrerait davantage, & ils y rapporte-raient plus dargent. Le pays feroit plus peuplé,plus riche & plus heureux , parce que le bonheurdun peuple qui vit fiirun fol fertile,dépend beau-coup de la population, & un peu des richefles pé-cuniaires.

Non-feulement lon fort beaucoup du pays,par- même ily a moins de genspourîepeupler;mais ceux qui yreftent, peuplent, à nombre égal,moins quautrefois; ou, ce qui revient au même ,parmi le même nombre de perfonnes il y a moinsde mariages, & le même nombre de mariages four-nit moins de baptêmes. Je nentre point dans le-tail des preuves ; il ne faut que regarder autour d«foi pour en être convaincu. Quelles en font les cau-fes ? Il y en a deux principales ;!e luxe & la débau-che , qui nuifent à la population par pluüeurs en-droits.

Le luxe oblige le riche qui veut figurer, &lhomme à revenus médiocres , mais fon égal aumoins à tout autre égard , &: qui veut limiter , àcraindre une nombreufe famille, dont léducationconfumeroit des revenus confacrés aux dépenfesdapparat ; & dailleurs sil falloit partager fonbien entre plufieurs enfants, ils en auraient toustrès-peu , & feraient hors détat de foutenirle train des peres. Quand le mérite eft appréciépar la dépenfe extérieure , lon doit néceflàire-ment tâcher de fe mettre & de laiflcr fesenfants dans une fituation propre à foutenir cettedépenfe. Delà peu de mariages quand on neftpaa