4 ISTROrrVCTlOX,treroient l’incertitude, & combien l’état qu’ils au-roient eu dans leur patrie eft préférable à celuiqu’ils ont eu. L’on ne partirait qu’avec des avanta-ges prefque fûrs ; il fortiroic beaucoup moins degens ; trouvant moins de concurrents , ils suffi-raient mieux ; trouvant moins de leurs compatrio-tes hors de chez eux , ils y reviendraient plus fou-vent; par-là même il refteroit plus d’habitants aupays, il en rentrerait davantage, & ils y rapporte-raient plus d’argent. Le pays feroit plus peuplé,plus riche & plus heureux , parce que le bonheurd’un peuple qui vit fiirun fol fertile,dépend beau-coup de la population, & un peu des richefles pé-cuniaires.
Non-feulement l’on fort beaucoup du pays,par-là même ily a moins de genspourîepeupler;mais ceux qui yreftent, peuplent, à nombre égal,moins qu’autrefois; ou, ce qui revient au même ,parmi le même nombre de perfonnes il y a moinsde mariages, & le même nombre de mariages four-nit moins de baptêmes. Je n’entre point dans le dé-•tail des preuves ; il ne faut que regarder autour d«foi pour en être convaincu. Quelles en font les cau-fes ? Il y en a deux principales ;!e luxe & la débau-che , qui nuifent à la population par pluüeurs en-droits.
Le luxe oblige le riche qui veut figurer, &l’homme à revenus médiocres , mais fon égal aumoins à tout autre égard , &: qui veut l’imiter , àcraindre une nombreufe famille, dont l’éducationconfumeroit des revenus confacrés aux dépenfesd’apparat ; & d’ailleurs s’il falloit partager fonbien entre plufieurs enfants, ils en auraient toustrès-peu , & feraient hors d’état de foutenirle train des peres. Quand le mérite eft appréciépar la dépenfe extérieure , l’on doit néceflàire-ment tâcher de fe mettre & de laiflcr fesenfants dans une fituation propre à foutenir cettedépenfe. Delà peu de mariages quand on n’eftpaa