*viij PRÉFACE
inconcevable & miraculeufe ; en confequence orrn’exige autre chofe du Médecin que de chercherà fe procurer la connoifTince de ces remedes &à les enlever à ceux qui les ont poffédés jufqula-lors par toutes fortes de voies, par flatterie, parl’appas des récompenfes, ou par artifice ; plusil pofîcde de femblables remedes , plus il méritéla réputation de grand Médecin , & l'heureufeapplication de fon art ceffe de lui être néceffaireen ce que des remedes de cette efpece n’ont pasmoins d’efficace entre les mains de l’homme leplus ftupide & le plus ignorant, qu’entre cellesde l’homme le plus habite qui a puifé dans lesbons ouvrages anciens & modernes tout ce qu’ilsrenfermoient de fage & d’inftructif. Delà vientce monftrueux efiain de fecrets & de fpécifiquesqu’on vend pour toutes les maladies imaginables,& qu’on fait prendre au pauvre malade ; delàvient qu’un Médecin fenfe perd fon temps à re-chercher la nature & les caufes des-maladies pourdéterminer les remedes qui font propres à lescombattre, dcparconféquentà guérir & la maladie& les accidents qui en réfultent ; delà vient quependant qu’il dirige toute fon attention vers leseffets de la nature, qui, aidée.de fes fecours, doitmûrir peu à peu l’humeur affectée & en prépa-rer l’évacuation ; fes confeils font rejettés & fesremedes changés contre un fecret vanté dont onattend dans peu de temps une guirifon entière :•mais bientôt celui-ci eft changé à fon- tour con-tre un autre qui fera dans peu place à un troi-fieme, jufqu’à ce que le tempérament du mala-de lurmonte par fes propres forces & la. mala-die & les remedes qu’on a mis en ufitge , ouqu’il foit totalement ruiné. Delà vient qu’un Mé-decin judicieux eft fouvent troublé & interrom-pu an milieu de fes réflexions, par le malade-ou les affiliants , qui à chaque vifite lui pro-